« L'homophobie tue », le message de Kevin Aymoz pour le 17 mai

« L'homophobie tue », le message de Kevin Aymoz pour le 17 mai

Kevin Aymoz témoigne de l'homophobie vécue pendant sa saison olympique. Un message fort, publié en stories, qu'il ne faut pas laisser disparaître.

Pour la journée mondiale contre l'homophobie, j'ai vu passer un message marquant du patineur artistique Kevin Aymoz. Comme il l'a publié en stories Instagram, le contenu allait disparaître dans 24 heures, ce qui était trop dommage vu son importance.

Au-delà du message il y a d'autres raisons pour lesquelles je voulais partager cet article dans la newsletter:

  1. C'est un message bien transmis: l'athlète partage une cause qui le touche, il utilise la plateforme instagram et plus précisément les stories. Pourquoi est-ce que c'est judicieux de sa part? a) car c'est facilement partageable -c'est d'ailleurs grâce à une amie en commun que j'ai vu le post. b) ces messages disparaissent après 24 heure -ce qui montre qu'il ne le fait pas pour les likes ni l'attention médiatique mais pour le partager à sa communauté. c) le fait qu'il fasse un screenshot de ses pensées donne une certaine proximité avec le lecteur.
  2. C'est un message bien écrit: on voit qu'il a pris du temps pour l'écrire car il se lit facilement. Il n'y a pas de répétitions, ni de passages ennuyeux. D'ailleurs le screenshot utilisé est très efficace, il exemplifie son propos et provoque une réaction émotionnelle d'indignation et de compassion. Il connaît son public cible et traduit son message en anglais - il sait qu'il a une communauté internationale. Enfin, il finit son message par ce qu'on appelle un CTA (call to action) clair: une ressource importante pour les personnes concernées. Pour résumer, il arrive à nous partager son expérience de façon efficace, exemplifiée, émouvante et instructive.
  3. Comprendre la réalité d'une présence en ligne. On dit souvent aux athlètes "il faut être public" et "souvent poster sur les réseaux sociaux". Mais internet n'est pas toujours un endroit safe comme en témoigne ce post de Kevin. Le fait de prendre consciences des possibilités de harcèlement sur ces plateformes est très important, car cela peut toucher l'intégrité psychique, le sentiment de sécurité d'un athlète. C'est pour ça que je conseille souvent de garder privé les réseaux sociaux des jeunes athlètes, en tout cas jusqu'à 18 ans (sauf quelques exceptions). Il faut clairement se battre pour ses propres valeurs, mais il faut aussi connaitre les risques pour s'en prémunir.

Bonne lecture! -Nico


17 mai

Journée internationale de lutte contre l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie. Tout le crédit revient à Kevin. Si ce message vous touche : soutenez (@kevin_aymoz) et SOS Homophobie, merci!

Je vais prendre quelques stories pour parler d'un sujet personnel, du sport, de ce que j'ai vécu — et surtout de pourquoi il est important d'en parler.


Pendant longtemps, je n'ai jamais vraiment eu l'impression de subir énormément d'homophobie dans le sport. À part quelques « blagues » lourdes quand j'étais plus jeune.

Mais cette année olympique m'a vraiment surpris. Et honnêtement... choqué.

J'ai vu passer énormément de commentaires et de messages extrêmement violents à mon égard.

Des insultes. Des moqueries. Des menaces plus ou moins directes.

Après les Jeux olympiques, j'ai lu ce commentaire : « Si j'étais ton coach je t'aurais saigné dans les vestiaires. »

Puis après ma victoire à Skate America, en comparaison avec un certain américain dont je ne citerai pas le nom : « Parmi toutes les personnes tuées en public, on a loupé une opportunité. »

Je n'ai même pas pris de screenshots. J'étais juste choqué... et un peu perdu de lire des choses comme ça.


Aujourd'hui encore, l'homophobie est très présente. Et beaucoup de gens l'ignorent, la minimisent... ou s'en fichent complètement.

Parfois, sous certains commentaires homophobes, je vois des centaines de likes. Par curiosité, j'ai regardé qui likait ces messages.

J'y ai retrouvé parfois des personnes du milieu du patinage. Même certains clubs français. Ou des personnes que je peux croiser en compétition.

Beaucoup disent aussi : « La sexualité n'a rien à faire dans le sport. »

Vous avez raison.

Mais je ne parle pas de sexualité. Je parle d'orientation sexuelle. Ce sont deux choses complètement différentes.

La sexualité est privée et appartient à chacun. Honnêtement... ce sujet, ce sont surtout les autres qui passent leur temps à en parler et à l'imaginer. Pas moi.


Pourquoi parler d'orientation sexuelle dans le sport ? Parce que le sport rassemble. Parce qu'il transmet des valeurs.

Parce que beaucoup de jeunes — et moins jeunes — viennent chercher dans le sport une connexion, une confiance, un endroit où se sentir en sécurité. Un endroit où ils peuvent enfin se sentir bien dans leur corps, dans leur tête... et être acceptés.

Beaucoup l'oublient : l'homophobie tue.


Les gens qui ont peur de l'amour et des personnes libres... ne feront jamais de l'ombre à ceux qui aiment profondément vivre.

Tout ça va bien au-delà du sport. Au final, on parle simplement d'êtres humains qui veulent vivre, aimer librement et exister sans peur.

Je continuerai à porter fièrement toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Pour combattre la haine. Pour défendre la liberté d'être soi-même. Simplement essayer, à ma manière, de rendre ce monde un peu meilleur.

— Kevin Aymoz


Message original publié le 17 mai en stories Instagram (@kevin_aymoz), en français et en anglais. Reproduit ici avec attribution, pour qu'il ne disparaisse pas.

Soutenez SOS Homophobie : soshomophobie.org — Ligne d'écoute anonyme : 01 48 06 42 41

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