Zoé Claessens OLY, La médaille était déjà dans la tête 🎙️

Zoé Claessens OLY, La médaille était déjà dans la tête 🎙️

Enregistré avant Paris 2024, Zoé Claessens parle de balance, de perfectionnement et de son entraîneur. Quelques semaines plus tard, elle revenait avec la première médaille olympique de l'histoire du BMX suisse.

Cet épisode est disponible sur Apple Podcast, Spotify et Youtube.

Zoé Claessens est née le 28 avril 2001 à Echichens, dans le canton de Vaud. Elle n'a pas découvert le BMX par hasard : son père, Vincent Claessens, a fondé le tout premier club de BMX de Suisse en 1983. Ses frères et sœurs pratiquent également le sport, certains au niveau compétitif. Elle monte sur un vélo de compétition à sept ans, d'abord juste pour le plaisir, sans trop s'intéresser aux résultats. La machine s'emballe quelques années plus tard.

À 23 ans au moment de cet enregistrement, son palmarès est déjà celui d'une des meilleures au monde : trois fois Championne d'Europe (2021, 2023, 2024), vice-championne du monde en 2022, présence aux Jeux Olympiques de Tokyo. Ce qui manquait encore, c'était une médaille olympique. Paris 2024 allait la lui donner, en bronze, devant des milliers de spectateurs et devant toute la Suisse.

Mais quand cet épisode est enregistré, rien n'est encore joué. Ce qu'on entend, c'est une athlète qui a trouvé son équilibre après une période difficile, et qui aborde les JO avec une clarté remarquable.


De la Nouvelle-Zélande à l'Australie : le rebond mental

La saison 2024 de Zoé Claessens ne commence pas comme prévu. Deux Coupes du Monde en Nouvelle-Zélande, un niveau d'entraînement excellent, et pourtant des demi-finales.

« Je pensais que j'avais un super bon niveau, j'étais vraiment prête, j'étais presque la plus rapide aux entraînements. Et en fait j'ai fait demi-finale les deux jours. Le premier jour je suis tombée, le deuxième j'ai juste pas réussi. Je pense que j'étais pas prête mentalement. J'étais vraiment super déçue. »

La semaine suivante, deux Coupes du Monde en Australie. Elle les gagne toutes les deux.

« C'était incroyable. De passer d'aussi négatif à positif comme ça. C'est là que tu te rends compte que c'est pas facile de gagner des courses. »

Ce retournement en quelques jours dit beaucoup sur la nature du BMX Racing : un sport où une mini erreur suffit à tout faire basculer, et où le mental est souvent le facteur décisif. Entre les deux événements, Zoé a longuement parlé avec son entraîneur, de routine, de concentration, de comment être vraiment prête au moment où ça compte.


La famille : ancrage et contrepoids

Zoé Claessens vient d'une famille nombreuse. Ses frères et sœurs font ou ont fait du BMX, certains au niveau compétitif, et des enfants d'accueil vivent également à la maison. Le sport est une affaire collective depuis l'enfance.

Mais ce n'est pas seulement une question de tradition familiale. C'est aussi ce qui lui permet de performer.

L'année précédant cet épisode, Zoé s'entraîne seule dans le sud de la France. Isolée, elle réalise peu à peu que quelque chose ne va pas.

« J'avais vraiment de la peine à trouver une balance entre le sport et ma vie privée. J'étais tout le temps toute seule, je voyais personne, et je me concentrais trop sur mon sport. Ça c'était pas du tout bon. Je pensais beaucoup trop, je commençais à stresser, et j'arrivais à l'entraînement avec presque pas envie de m'entraîner. »

Elle décide de rentrer en Suisse et revient au Centre Mondial du Cyclisme à Aigle. La famille est à 45 minutes en voiture. L'environnement d'entraînement est parmi les meilleurs au monde. L'équilibre se rétablit.

« Moi je sais que quand je suis plus relax et que je prends du plaisir dans ce que je fais, j'arrive à faire de meilleurs résultats. »

À titre d'exemple, lors des Championnats d'Europe à Besançon, sa sœur Ines fait partie de l'équipe suisse. Elles partagent le même hôtel.

« Entre les compétitions on a pas mal de temps libre, du coup elle venait dans ma chambre, on rigolait. C'est aussi une manière d'être un peu plus relax avant la course. »

Perfection, succès et prière de sérénité

Un des fils conducteurs de cet épisode est la relation de Zoé à la perfection, un mot qu'elle emploie souvent, mais avec une nuance importante.

« Je pense que j'ai jamais eu vraiment de course parfaite. Il y a eu des courses très très bien, mais il y a toujours des mini erreurs. Et je pense que c'est bien que je l'aie pas encore atteint, parce que ça me motive. Tu peux toujours faire mieux. »

Ce qu'elle décrit comme un "tour parfait", c'est un bon start, une première bosse bien absorbée, des virages propres, un flow constant : des éléments entièrement sous son contrôle. Jamais elle ne mentionne les autres concurrentes. Ce n'est pas un oubli.

« Sur la grille de départ, c'est facile de regarder les autres et de penser qu'elles sont plus rapides. Moi j'essaie vraiment de me concentrer sur moi-même, de reproduire à la course ce que je fais à l'entraînement. »

Cette philosophie rejoint ce qu'on appelle la Serenity Prayer, ou prière de sérénité : la force d'agir sur ce qu'on peut contrôler, l'acceptation de ce qu'on ne peut pas, et la sagesse de faire la différence. Zoé ne connaît pas forcément le terme, mais elle en vit le principe.

Sa définition du succès découle de la même logique.

« Pour moi, le succès c'est de m'améliorer, dans mon sport, mais aussi en tant que personne. J'ai des objectifs, je voudrais bien faire une médaille aux Jeux Olympiques, gagner les Championnats du Monde. Mais si je le fais pas, ça va pas non plus être la fin du monde. »

En 2022, elle termine à un centimètre de la victoire aux Championnats du Monde. Le lendemain, elle est de retour à l'entraînement.

« C'est aussi l'échec qui motive, j'ai remarqué. »

Liam Phillips et le numéro 65

La dernière partie de l'épisode est peut-être la plus touchante. À la question de savoir qui l'a le plus inspirée, Zoé n'hésite pas.

« Je pense que c'est mon entraîneur, Liam Phillips. Quand je suis arrivée au Centre Mondial du Cyclisme à Aigle en 2019, j'avais 18 ans et vraiment aucune connaissance. Je savais pas m'entraîner sérieusement. Lui, il m'a tout appris : comment m'entraîner, le mental avant la course, et aussi comment être une bonne personne à côté. »

Liam Phillips est Champion du Monde UCI 2013 et double olympien britannique (Londres 2012, Rio 2016). Il est aujourd'hui l'entraîneur de Zoé, et son modèle depuis le début de sa carrière. La preuve la plus concrète de cette admiration : son numéro de dossard.

« En BMX, on a le droit à un numéro de carrière qu'on garde toute sa carrière. Lui il avait le 65. Quand j'ai dû choisir le mien, je lui ai demandé si je pouvais prendre le 65. Il a dit que ça serait tellement cool. Du coup maintenant je roule avec le numéro 65, et j'essaie de ramener ce numéro sur la marche la plus haute du podium. »

À Paris 2024, Zoé Claessens finit troisième. Le numéro 65 monte sur le podium olympique.


Ce qu'on retient

Zoé Claessens a 23 ans quand cet épisode est enregistré. Elle parle de balance, d'équilibre, de l'importance de s'entraîner avec du plaisir et d'être un peu égoïste sur la piste. Elle parle d'un coach qu'elle admire au point de porter son numéro. Et elle parle de Paris comme d'un objectif parmi d'autres, avec une sérénité qui, rétrospectivement, ressemble presque à une prédiction.

La médaille, elle l'avait déjà dans la tête.


Écouter l'épisode

L'épisode complet est disponible sur Apple PodcastSpotify et Youtube.


Chapitres

00:00 Introduction
03:30 Ses résultats récents
07:30 L’attention médiatique
10:00 Premiers contacts avec les JOs
11:40L’importance de la famille et de la balance
20:05 Épanouissement et perfection
27:00 Organisations qui soutiennent Zoé
28:30 Sa définition du succès
30:50 Sa préparation aux JOs
34:25 Son inspiration, Liam Phillips


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